Concorde
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Groupe statutaire
Marbre de Carrare
Milieu du IIème siècle
Collection Torlonia
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Les cieux sont égaux. Bleus, gris et noirs, ils se répètent. L’homme et la femme se regardent. L’orage de pierre fuit dans le lointain, les étoiles scintillent. Lentement, dans cette atmosphère pleine d’air, au-delà des différences, invincibles, naufragés dans cette salle du musée, ils ont trouvé une solution à un problème de la vie. Des doutes, des peurs, ils s’écoutent, les partagent. Ils ne peuvent changer le passé ou l’avenir, mais ils savent que quand cela sera nécessaire, ils seront proches et unis, liés par une réciprocité, une intériorité ; ils se joignent, s’allient, se marient, suivent la même aspiration, comme une mystique...
C’est un jour. Elle, elle porte la marque de mithra sur son front. Lui, il tend la main, lie ses doigts au sien. Aucune douleur ne semble toucher leur cœur.
Modeste, elle est vêtue de drapés pris à une vie journalière, lui, le sculpteur l’a couvert de la toge symbole de son rang de citoyen.
Balance…
Comme un encensoir qui a arrêté sa course à la perpendiculaire, son bras droit tinte d’une concorde muette sur l’épaule gauche de la femme. Les doigts forts et vagabonds, à la fois fermes et délicats, la paix s’associe à sa prise silencieuse. Une expression de plaisir s’y lit ; une joie, une mélancolie, qui accompagnent cette course devenue statique ; un univers où règne la puissance, la quiétude, l’égale addition de deux mutiplicités pourtant à l’origine hétérogènes, mais où coule à présent une nature commune, comme s’ils s’étaient toujours connus...
Œuvres d’un prodige, ardentes et libres, les heures inquiètes enfuies, frère et sœur, homme et femme à la fois, les doigts de leurs mains se touchent sans se confondre. Mis en relation, en communication, dans une langue qui leur est propre, des rapports secrets s’agencent, se combinent, trahissent une fusion. Tout s’harmonise dans cette prise indicible. Une expression de plaisir, l’entente, deux sentiments de l’âme, des expansions de cœurs où, indivisibles, naît une amitié sans l’amour, un amour sans l’amitié, l’un fuyant l’autre, les deux associés, une prison, des mots qui font peur ou rougir, qui propagent la douceur, qui remplissent le ciel, la terre et l’onde, de leurs feux…